{"id":402,"date":"2021-02-04T17:41:00","date_gmt":"2021-02-04T16:41:00","guid":{"rendered":"http:\/\/murs.fr\/?p=402"},"modified":"2022-03-14T10:42:39","modified_gmt":"2022-03-14T09:42:39","slug":"une-terre-malade-de-ses-hommes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/murs.fr\/?p=402","title":{"rendered":"Une Terre malade de ses hommes ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Laurent Degos, Professeur \u00e9m\u00e9rite d\u2019h\u00e9matologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris <\/strong><br><strong>&amp; Fran\u00e7ois Ravetta, Professeur de physique de l&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e0 Sorbonne Universit\u00e9, directeur du LATMOS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Berger pronon\u00e7a il y a maintenant trente ans une conf\u00e9rence publi\u00e9e en 1991 dans les cahiers du MURS sous le titre&nbsp;: \u00ab&nbsp;La sant\u00e9 de la Terre, un d\u00e9fi aux universit\u00e9s&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s&nbsp; avoir dress\u00e9 un \u00e9tat des lieux, il consid\u00e9rait les mesures \u00e0 mettre en \u0153uvre pour&nbsp; \u00e9viter la d\u00e9gradation de la sant\u00e9&nbsp;de la plan\u00e8te. Il questionnait la responsabilit\u00e9 des hommes dans le changement climatique et concluait sur le r\u00f4le central que devraient jouer l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9thique et l&rsquo;universit\u00e9 pour faire face \u00e0 ce d\u00e9fi majeur.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de la r\u00e9alit\u00e9 du changement climatique \u00e9tait alors fortement d\u00e9battue. Andr\u00e9 Berger d\u00e9taillait donc les points sur lesquels existaient&nbsp; un consensus scientifique et discutait&nbsp; les preuves de ce changement. Tout en insistant sur la n\u00e9cessaire \u00ab&nbsp;prudence des scientifiques&nbsp;\u00bb d\u00e8s lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pr\u00e9voir, il prit toutefois le risque d&rsquo;anticiper \u00ab&nbsp;un r\u00e9chauffement in\u00e9vitable non-uniforme&nbsp;\u00bb. Sp\u00e9cialiste du domaine, Andr\u00e9 Berger a vu juste. Mettant en avant l&rsquo;inertie du syst\u00e8me climatique, il anticipe la question tr\u00e8s actuelle de la vitesse du changement climatique en cours, par l\u00e0-m\u00eame celle de notre capacit\u00e9 \u00e0 nous adapter \u00e0 un nouvel environnement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1- La recherche a tranch\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>De nos jours, la r\u00e9alit\u00e9 du changement climatique ne fait plus d\u00e9bat au sein de la communaut\u00e9 scientifique. Les rapports du groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) se succ\u00e9dant, les preuves se sont accumul\u00e9es. Les incertitudes sur les observations se sont r\u00e9duites. S&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de relier directement un \u00e9v\u00e9nement isol\u00e9 au changement global, nul ne conteste s\u00e9rieusement les tendances observ\u00e9es. De ce point de vue, la preuve scientifique d\u2019un r\u00e9chauffement est solide. A cela, rien de myst\u00e9rieux. Le temps faisant son \u0153uvre, le signal climatique est sorti du bruit m\u00e9t\u00e9orologique.<\/p>\n\n\n\n<p>La question plus \u00e9pineuse de l&rsquo;origine anthropique du changement climatique a \u00e9galement fortement \u00e9volu\u00e9. A tel point que la charge de la preuve est aujourd&rsquo;hui renvers\u00e9e. Il est toujours l\u00e9gitime d&rsquo;interroger cette relation de causalit\u00e9, l&rsquo;esprit critique \u00e9tant au c\u0153ur de la d\u00e9marche scientifique. Il convient, cependant, dans le m\u00eame temps, de proposer une explication rationnelle aux changements observ\u00e9s. Trois d\u00e9cennies de recherche, et de controverse, n&rsquo;ont pas fait \u00e9merger une th\u00e9orie alternative cr\u00e9dible. D\u00e8s lors la sagesse commande d\u2019attribuer \u00e0 l\u2019homme le changement climatique \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour fonder nos actions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>2- Retard \u00e0 l\u2019action<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 d\u2019une analyse scientifique robuste, le texte d\u2019Andr\u00e9 Berger explorait des pistes d&rsquo;actions pour limiter le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te. Celles-ci sont encore d&rsquo;actualit\u00e9, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de conforter \u00ab&nbsp;l&rsquo;observation et la recherche&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;limiter les \u00e9missions de CO<sub>2<\/sub>&nbsp;\u00bb en d\u00e9veloppant une \u00ab&nbsp;industrie verte&nbsp;\u00bb, ou de faire \u00e9voluer la gouvernance au travers d&rsquo;une \u00ab&nbsp;politique \u00e0 environnement int\u00e9gr\u00e9&nbsp;\u00bb et d&rsquo;un \u00ab&nbsp;protocole international pour la protection du climat&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En termes de r\u00e9alisations, le bilan des trois d\u00e9cennies pass\u00e9es est mitig\u00e9. La recherche en climatologie a confort\u00e9 et produit de nombreux r\u00e9sultats&nbsp;: les observations sont solides, les mod\u00e8les climatiques, en s&rsquo;appuyant fortement sur des approches pluridisciplinaires, ont d\u00e9montr\u00e9 leur capacit\u00e9 \u00e0 reproduire les climats pass\u00e9s, donc \u00e0 anticiper les climats futurs. De ce point de vue, le travail du GIEC, qui rend accessibles aux d\u00e9cideurs et au plus grand nombre les connaissances les plus robustes en mati\u00e8re de changement climatique, est une r\u00e9ussite. Ce n&rsquo;est pas le cas pour le contr\u00f4le des \u00e9missions de gaz carbonique, aucune inflexion n&rsquo;ayant \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, sauf au moment de l&rsquo;effondrement du bloc sovi\u00e9tique. La r\u00e9volution verte tarde \u00e0 se concr\u00e9tiser, et les n\u00e9gociations climatiques, qui rythment l&rsquo;agenda international, produisent des textes estimables, mais peu contraignants pour \u00eatre efficaces.<\/p>\n\n\n\n<p>Soulevant \u00e0 de nombreuses reprises la question de la responsabilit\u00e9 des scientifiques, au c\u0153ur des pr\u00e9occupations du MURS, mais aussi des d\u00e9cideurs ou des Etats, Andr\u00e9 Berger concluait son article par des propositions d&rsquo;actions allant bien au-del\u00e0 de la gestion du changement climatique en cours, cette \u00ab&nbsp;grande exp\u00e9rience g\u00e9ophysique involontaire jamais d\u00e9clench\u00e9e par l&rsquo;Homme&nbsp;\u00bb. Il posait en effet la question des cons\u00e9quences de \u00ab&nbsp;l&rsquo;explosion d\u00e9mographique du Tiers-Monde&nbsp;\u00bb, proposait l&rsquo;adoption d&rsquo;une \u00ab&nbsp;charte des devoirs des hommes&nbsp;\u00bb et la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00ab&nbsp;cours d&rsquo;\u00e9thique de l&nbsp;&lsquo;environnement&nbsp;\u00bb, et promouvait le \u00ab&nbsp;r\u00f4le central de l&rsquo;Universit\u00e9&nbsp;\u00bb comme institution devant se saisir de la question des enjeux climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces pistes m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre explor\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>3- Qui est le malade&nbsp;?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Nous faisons ici le choix ici de ne reconsid\u00e9rer que l&rsquo;angle retenu par Andr\u00e9 Berger pour traiter du changement climatique, son approche en termes de \u00ab&nbsp;sant\u00e9 de la Terre&nbsp;\u00bb, qui nous para\u00eet originale et f\u00e9conde. Comparant la Terre \u00e0 un malade, Andr\u00e9 Berger affirmait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pr\u00e9venir ou gu\u00e9rir demeure donc bien la question fondamentale&nbsp;\u00bb. Cela le conduisait \u00e0 faire la promotion de la \u00ab&nbsp;pluridisciplinarit\u00e9 de la recherche pour la sant\u00e9 de la plan\u00e8te&nbsp;\u00bb, \u00e0 insister sur la n\u00e9cessaire \u00ab&nbsp;collaboration des biologistes&nbsp;\u00bb, \u00e0 attirer notre attention sur le besoin de voir \u00e9merger une \u00ab&nbsp;m\u00e9decine pr\u00e9ventive de la g\u00e9osph\u00e8re avant que ne s\u2019impose la m\u00e9decine curative&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais s&rsquo;agit-il bien de soigner la Terre&nbsp;? Le danger qui nous guette est-il le r\u00e9sultat d\u2019une plan\u00e8te malade, ou celui du comportement pathologique des hommes qui l\u2019habitent&nbsp;? Est-ce la plan\u00e8te ou l&rsquo;humanit\u00e9 qui est malade&nbsp;? La pathologie ne vient-elle pas de l&rsquo;insatiabilit\u00e9 des hommes, oublieux des limites, qui d\u00e9vorent des ressources non renouvelables et accumulent les d\u00e9chets ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile d&rsquo;agir sur la plan\u00e8te comme il est difficile, voire impossible, de ma\u00eetriser la Nature. Mais on peut changer le comportement des hommes, comme nous le faisons pour qu\u2019une bact\u00e9rie ne nous d\u00e9truise pas. En respectant des r\u00e8gles d&rsquo;hygi\u00e8ne, gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure alimentation, en facilitant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau potable, en vaccinant, on a su en un si\u00e8cle passer de 25% \u00e0 0.2% de mortalit\u00e9 infantile dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. On ne changera pas facilement les grands \u00e9quilibres climatiques de la plan\u00e8te, mais on peut modifier notre comportement afin de pr\u00e9venir, d&rsquo;att\u00e9nuer ou de ralentir des d\u00e9s\u00e9quilibres climatiques capables de d\u00e9truire des populations humaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs questions soulev\u00e9es en climatologie par Andr\u00e9 Berger sont \u00e9galement pertinentes dans le domaine m\u00e9dical, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du niveau de confiance requis pour d\u00e9cider, du questionnement sur la responsabilit\u00e9, ou de la vitesse de d\u00e9veloppement de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>4- Du normal au pathologique&nbsp;: agir avant qu\u2019il ne soit trop tard<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;En climatologie la confiance en une observation ou en une pr\u00e9diction d\u00e9pend du pouvoir de d\u00e9tecter le signal au milieu du bruit de la variabilit\u00e9 naturelle&nbsp;\u00bb. Le probl\u00e8me est similaire en m\u00e9decine. Comment reconna\u00eetre un signe anormal d\u00e9voilant une maladie au milieu des comportements variables dans la population et des petits maux sans gravit\u00e9&nbsp;:&nbsp; fi\u00e8vre passag\u00e8re virale ou septic\u00e9mie&nbsp;? Douleur de l\u2019\u00e9paule anodine ou d\u00e9but d\u2019infarctus du myocarde&nbsp;? D\u00e9faut de m\u00e9moire sans suite ou maladie d\u2019Alzheimer&nbsp;? C\u2019est le contexte, l\u2019ampleur, la dur\u00e9e, et la nouveaut\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019existant qui orientent le m\u00e9decin et lui font prendre la d\u00e9cision d\u2019explorer et de traiter.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Berger souligne \u00e0 juste titre la n\u00e9cessaire prudence des scientifiques, conscients des limites de leurs connaissances. Cela doit-il pour autant entraver toute action, toute prise de d\u00e9cision&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comme la multiplication cellulaire, qui est inh\u00e9rente \u00e0 la vie, le CO<sub>2<\/sub>, le m\u00e9thane, le SO<sub>2<\/sub>, l\u2019ozone font partie de la vie plan\u00e9taire. Mais une multiplication rapide provoque une tumeur d\u2019abord b\u00e9nigne, et \u00e0 un stade ult\u00e9rieur un cancer pour lequel parfois plus rien n\u2019est possible. La vitesse de la transformation est dangereuse alors que le ph\u00e9nom\u00e8ne est naturel.<\/p>\n\n\n\n<p>Se pose ainsi la question d\u2019une vitesse d\u2019\u00e9volution anormale. La transition entre le normal et le pathologique est parfois difficile \u00e0 d\u00e9celer. Une toux qui persiste alerte le m\u00e9decin.&nbsp; Un simple mal de t\u00eate peut trahir le d\u00e9but d\u2019une tumeur du cerveau. Le m\u00e9decin se doit d\u2019\u00eatre vigilant. Il s\u2019aide d\u2019investigations biologiques et d\u2019analyses par imagerie pour prendre des d\u00e9cisions, pour ne pas laisser le mal s\u2019envenimer. Quand bien m\u00eame le diagnostic est incertain, le m\u00e9decin ne se confine pas dans une attitude attentiste, ou de pr\u00e9caution, il agit. Mais il ne d\u00e9cide pas seul.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>5- M\u00e9decin et patient, scientifique et citoyen&nbsp;: tous responsables<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans un parcours de patient, tous les intervenants ont un r\u00f4le de d\u00e9cision et de responsabilit\u00e9. Le patient lui-m\u00eame est acteur de sa sant\u00e9, lorsqu\u2019il abuse du tabac, de l\u2019alcool, du sucre, du sel, des graisses, ou lorsqu\u2019il prend des risques sur la route. La multiplicit\u00e9 des acteurs et la question de leurs responsabilit\u00e9s respectives se posent tout autant dans le domaine du changement climatique que dans celui de la sant\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La proposition d&rsquo;un enseignement d&rsquo;\u00e9thique de l\u2019environnement entre \u00e9galement en r\u00e9sonance avec les actions conduites en m\u00e9decine et promues par des institutions comme le Comit\u00e9 Consultatif National d\u2019\u00c9thique pour les sciences de la vie et de la sant\u00e9, le comit\u00e9 d\u2019\u00e9thique des grands instituts de sciences de la vie, les comit\u00e9s consultatifs de protection des personnes dans la recherche biom\u00e9dicale. L\u2019homme face \u00e0 la plan\u00e8te devrait avoir la m\u00eame attitude que le m\u00e9decin&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>primum non nocere&nbsp;<\/em>\u00bb devrait \u00eatre la r\u00e8gle. Il existe un code de conduite, une d\u00e9ontologie tr\u00e8s r\u00e9glement\u00e9e pour les professionnels de sant\u00e9, bas\u00e9e sur un serment, inspir\u00e9 d\u2019Hippocrate. Sa transposition \u00e0 tous les scientifiques, \u00e0 ceux du climat en particulier, soulignerait la dimension \u00e9thique de toute activit\u00e9 scientifique, accroissant ainsi la confiance de la population dans leur discours. Au-del\u00e0 des seuls scientifiques, l&rsquo;adoption d&rsquo;\u00ab&nbsp;une charte des devoirs des hommes&nbsp;\u00bb, pens\u00e9e comme un code de bonne conduite de chacun et de l&rsquo;humanit\u00e9 dans son ensemble vis-\u00e0-vis de la plan\u00e8te et des \u00eatres vivants qu&rsquo;elle abrite&nbsp; constituerait un progr\u00e8s dans notre prise de conscience de notre responsabilit\u00e9 dans le changement climatique \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;analogie entre sant\u00e9 humaine et sant\u00e9 de la Terre propos\u00e9e par Andr\u00e9 Berger est donc f\u00e9conde Mais le contexte a \u00e9volu\u00e9 depuis trente ans, renouvelant les questions, ou leur formulation. L&rsquo;irruption des outils num\u00e9riques a transform\u00e9 la m\u00e9decine. La collecte des donn\u00e9es a affin\u00e9 les pr\u00e9visions. Avec l&rsquo;appui de l\u2019intelligence artificielle, les analyses plurifactorielles se sont renforc\u00e9es, la complexit\u00e9 de la maladie, entendue comme un \u00e9tat anormal, est mieux prise en compte. La m\u00e9decine, comme les sciences du climat, est une science de la complexit\u00e9&nbsp;: chaque composant du syst\u00e8me agit sur les autres pour aggraver (ou camoufler) une maladie. Les interconnexions sont multiples. Elles modulent la pr\u00e9diction que ce soit par des facteurs inn\u00e9s (g\u00e8nes de susceptibilit\u00e9) ou acquis avec le r\u00f4le des comorbidit\u00e9s, de l\u2019environnement et des comportements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>6- Mieux vaut pr\u00e9venir que gu\u00e9rir&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La climatologie comme la m\u00e9decine sont des disciplines qui pr\u00e9disent l\u2019avenir (de la plan\u00e8te ou du malade). Toutes deux ont vu leur pouvoir de pr\u00e9diction s\u2019affiner.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9dire est un pouvoir. Les scientifiques doivent \u00eatre les garants de son bon usage. La pr\u00e9diction est fascinante. Il peut \u00eatre tentant de c\u00e9der aux oracles, d&rsquo;honorer de nouvelles pythies. La pr\u00e9diction est effrayante. Qui ne serait saisi d&rsquo;effroi devant l&rsquo;annonce du diagnostic pr\u00e9dictif d\u2019une d\u00e9mence pr\u00e9coce d\u2019Huntington&nbsp;? La tentation est alors grande de refuser de savoir. Bien comprise, la pr\u00e9diction, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de diagnostic ant\u00e9natal, de susceptibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique, de risque d\u2019\u00e9pid\u00e9mie, est toutefois utile. Lorsque la maladie est d\u00e9clar\u00e9e, la pr\u00e9diction devient pronostic, parfois vital. Loin d&rsquo;\u00eatre tout puissant, le m\u00e9decin est alors pr\u00e9sent pour aider le malade \u00e0 ouvrir les yeux, pour l&rsquo;accompagner dans le choix du traitement qui lui permettra d&rsquo;am\u00e9liorer sa condition. De la m\u00eame fa\u00e7on, les simulations climatiques ne pr\u00e9disent pas un avenir impitoyable. Elles explorent les possibles. Elles nous \u00e9clairent et nous aident \u00e0 penser les cons\u00e9quences de nos actions sur l&rsquo;avenir de la plan\u00e8te, notre maison commune.<\/p>\n\n\n\n<p>Face au changement climatique, une m\u00e9decine curative est envisageable. Ce pourrait \u00eatre le r\u00f4le de la g\u00e9o-ing\u00e9nierie, \u00e0 condition de l&rsquo;utiliser en ultime recours, en vue de r\u00e9pondre \u00e0 une menace imminente et insupportable pour l&rsquo;humanit\u00e9. De ce point de vue, il s&rsquo;agirait de g\u00e9rer une situation de crise, comme savent le faire les m\u00e9decins urgentistes. Le terme de g\u00e9o-ing\u00e9nierie est d&rsquo;ailleurs riche de malentendus. Il fait la part trop belle \u00e0 une approche technique, \u00e0 une m\u00e9decine curative d\u00e9douanant l&rsquo;humanit\u00e9 de toute responsabilit\u00e9. Mieux vaudrait parler d&rsquo;intervention climatique d&rsquo;urgence, et garder \u00e0 l&rsquo;esprit le risque d&rsquo;installer une nouvelle d\u00e9pendance, cette fois au traitement administr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le rappelait Andr\u00e9 Berger, la meilleure approche reste celle de la pr\u00e9vention. Mais il convient de bien identifier le malade \u00e0 soigner, \u00e0 savoir l&rsquo;humanit\u00e9. L&rsquo;humanit\u00e9 est malade de son rapport \u00e0 la plan\u00e8te. Nous souffrons des maux que nous lui infligeons. Et pourtant nous persistons dans nos erreurs, comme si nous \u00e9tions d\u00e9tach\u00e9s de notre environnement. La maison br\u00fble et nous d\u00e9tournons le regard, en oubliant que nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;autre maison. D&rsquo;un point de vue m\u00e9dical, notre comportement est proche de celui d&rsquo;un toxicomane, incapable de renoncer \u00e0 sa consommation, mais conscient des maux qu&rsquo;il s&rsquo;inflige \u00e0 long terme ainsi que des cons\u00e9quences n\u00e9fastes de ses actes pour l&rsquo;ensemble de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre insatiabilit\u00e9 ressemble en effet \u00e0 une addiction, un d\u00e9sir qu\u2019on ne peut contenir. Tout ce qui est possible serait permis. La richesse de la Terre serait l\u00e0 pour nous servir. Substituant les moyens aux fins, l&rsquo;augmentation de la productivit\u00e9, la croissance de la production de richesses seraient des buts en soi, avec pour argument de faire dispara\u00eetre la pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s.&nbsp; On confond quantit\u00e9 et r\u00e9sultat. Le but est d\u2019accro\u00eetre le volume des produits et non de mieux les r\u00e9partir et de s\u2019en servir \u00e0 bon escient. En m\u00e9decine le m\u00eame d\u00e9voiement s&rsquo;est produit avec une tarification au volume d\u2019activit\u00e9 des professionnels et non au r\u00e9sultat pour le malade. Ceci a provoqu\u00e9 une inflation d\u2019activit\u00e9 (parfois sans pertinence), une restriction des moyens (pour plus de \u00ab&nbsp;performance&nbsp;\u00bb), un \u00e9puisement des professionnels et des r\u00e9sultats d\u00e9grad\u00e9s du point de vue de la qualit\u00e9, notamment en termes de relations humaines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>7- Soin individuel et sant\u00e9 publique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En sant\u00e9, le soin individuel, et la sant\u00e9 publique (pr\u00e9vention collective, \u00e9conomie, pollution, hygi\u00e8ne, urbanisme&#8230;), cheminent de concert. Des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la responsabilit\u00e9 collective, mais les r\u00e9sultats sont encore perfectibles, par exemple en mati\u00e8re de taux de vaccination face \u00e0 un danger d\u2019\u00e9pid\u00e9mie (H1N1, Covid) ou de suivi des campagnes contre le tabac. C\u2019est qu\u2019il existe une tension entre la pr\u00e9servation de la libert\u00e9 individuelle d\u2019une part, et les mesures collectives coercitives d\u2019autre part. La limite de la consommation de tabac dans l\u2019espace public ou de la vitesse sur la route en sont deux illustrations. Des forces \u00e9conomiques (pour le tabac) et des d\u00e9sirs personnels (\u00ab&nbsp;\u00e9go\u00efstes&nbsp;\u00bb) contrecarrent l\u2019\u00e9vidence scientifique et mettent en danger la population. Cependant il ne faut pas d\u00e9sesp\u00e9rer ou baisser les bras&nbsp;: la consommation de tabac et le cancer du poumon chez les hommes diminuent, les accidents de route sont moins fr\u00e9quents qu\u2019il y a trente ans. Cela prend du temps. Cela n\u00e9cessite une r\u00e9elle volont\u00e9 d\u2019agir de la part des d\u00e9cideurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Changer de comportement est en effet un probl\u00e8me redoutable. Prendre des mesures techniques en sant\u00e9, comme l\u2019approvisionnement en eau potable, est relativement facile \u00e0 mettre en \u0153uvre si les d\u00e9cideurs sont \u00e9clair\u00e9s et si les moyens sont pr\u00e9sents. Dans le domaine des sciences de l&rsquo;atmosph\u00e8re, ce fut le cas pour lutter contre la destruction de la couche d&rsquo;ozone stratosph\u00e9rique. Des produits de substitution permirent d&rsquo;assurer les services assur\u00e9s auparavant par les produits nocifs pour la couche d&rsquo;ozone, sans impact notable pour les consommateurs. En mati\u00e8re de changement climatique, des changements de comportement sont n\u00e9cessaires, ce qui est beaucoup plus difficile \u00e0 obtenir. En sant\u00e9, la discussion, le dialogue en face \u00e0 face entre le m\u00e9decin et le patient, la force de conviction de l\u2019environnement familial (et socio-professionnel) et la pression financi\u00e8re (augmentation du prix) ont fait diminuer la consommation de tabac. La contrainte l\u00e9gale et le proc\u00e8s-verbal ont oblig\u00e9 les citoyens \u00e0 porter une ceinture de s\u00e9curit\u00e9 en voiture. Mais il faut bien le dire&nbsp;: ce travail de changement de comportement doit s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e et n\u2019est efficace que s\u2019il est abord\u00e9 en tenant compte de ses multiples implications.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>8- Le pari de l&rsquo;action \u00e9clair\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de sant\u00e9 publique ou de changement climatique, il convient donc de convaincre la soci\u00e9t\u00e9, et non pas seulement la communaut\u00e9 scientifique ou les d\u00e9cideurs politiques. De ce point de vue l&rsquo;universit\u00e9 a certainement un r\u00f4le majeur \u00e0 jouer, au-del\u00e0 de la formation de cadres scientifiques. Elle a vocation \u00e0 \u00eatre le lieu privil\u00e9gi\u00e9 du d\u00e9bat rationnel, un lieu de rencontre entre les disciplines, un lieu ouvert \u00e0 tous ceux qui souhaitent s&rsquo;informer et d\u00e9battre. Dans des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, l&rsquo;enjeu majeur demeure d&rsquo;accro\u00eetre le niveau de connaissance des citoyens, de promouvoir les humanit\u00e9s scientifiques, la \u00ab&nbsp;scientific literacy&nbsp;\u00bb de la population. L\u2019Organisation de Coop\u00e9ration et de D\u00e9veloppement Economique (OCDE), qui fait la promotion d\u2019indicateurs de sant\u00e9, estime ainsi que la proportion de citoyens \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s en sant\u00e9&nbsp;\u00bb est un d\u00e9terminant central du degr\u00e9 de d\u00e9veloppement d&rsquo;un pays en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui croient que l\u2019homme s\u2019adaptera comme il l\u2019a fait par le pass\u00e9, depuis un million d\u2019ann\u00e9es, se trompent. D\u2019une part le temps de l\u2019homme est la g\u00e9n\u00e9ration, plus de trente ans aujourd\u2019hui, un temps qui donne la mesure du temps d&rsquo;adaptation d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Or ce temps d\u2019adaptation ne suit pas le temps d\u2019\u00e9volution de notre environnement terrestre, qui se contracte. D\u2019autre part et surtout, l\u2019homme n\u2019\u00e9volue&nbsp; plus sous la pression&nbsp; de la s\u00e9lection naturelle. En effet celle-ci n\u2019a que deux moyens d\u2019action&nbsp;: la taille des familles et la mortalit\u00e9 avant l\u2019\u00e2ge de procr\u00e9ation. Nous entrons dans une \u00e8re o\u00f9 les familles ont deux enfants, avec une tr\u00e8s faible variance. Et, fort heureusement, la mortalit\u00e9 pr\u00e9coce est d\u00e9sormais n\u00e9gligeable. Nos conditions de vie et notre niveau de sant\u00e9 sont tels que la nature n\u2019a plus d\u2019emprise forte sur l\u2019esp\u00e8ce humaine. Notre avenir sur Terre d\u00e9pend donc de notre attitude vis \u00e0 vis de la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de notre adaptation au changement climatique est pos\u00e9e. Celui-ci est in\u00e9luctable. Pour autant, l\u2019avenir n\u2019est pas \u00e9crit. L\u2019exemple de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du Covid 19 nous montre qu\u2019une ma\u00eetrise du confinement retarde et amortit le \u00ab&nbsp;pic&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Notre syst\u00e8me de sant\u00e9 aurait sinon \u00e9t\u00e9 d\u00e9bord\u00e9, nous obligeant alors \u00e0 \u00ab&nbsp;trier&nbsp;\u00bb les malades, voire paralys\u00e9, nous emp\u00eachant de soigner les malades quand les soignants sont eux-m\u00eames malades. Lors de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de la grande peste on n\u2019enterrait plus les morts, la population \u00e9tait sid\u00e9r\u00e9e face \u00e0 la catastrophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si une \u00e9pid\u00e9mie a toujours une fin, il est illusoire d&rsquo;attendre un retour \u00ab&nbsp;\u00e0 la normale&nbsp;\u00bb du syst\u00e8me climatique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du temps de vie de nos soci\u00e9t\u00e9s. Nous savons que le coup est parti. Seules sont incertaines l\u2019ampleur et la vitesse du changement en cours. Allons-nous le subir sans r\u00e9agir&nbsp;? C&rsquo;est un choix possible, \u00e0 condition qu&rsquo;il soit \u00e9clair\u00e9, et d&rsquo;en mesurer toutes les cons\u00e9quences, vraisemblablement dramatiques. Allons-nous vivre d\u00e9tach\u00e9s de l\u2019\u00e9volution de la Terre, dans un environnement confin\u00e9 et artificiel&nbsp;? Nous pr\u00e9f\u00e9rons faire le pari de l&rsquo;action \u00e9clair\u00e9e, guid\u00e9 par la conviction qu&rsquo;il n&rsquo;est jamais trop tard pour bien faire et progresser en humanit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laurent Degos, Professeur \u00e9m\u00e9rite d\u2019h\u00e9matologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris &amp; Fran\u00e7ois Ravetta, Professeur de physique de l&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e0 Sorbonne Universit\u00e9, directeur du LATMOS Andr\u00e9 Berger pronon\u00e7a il y a maintenant trente ans une conf\u00e9rence publi\u00e9e en 1991 dans les cahiers du MURS sous le titre&nbsp;: \u00ab&nbsp;La sant\u00e9 de la Terre, un d\u00e9fi aux universit\u00e9s&nbsp;\u00bb. 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